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https://www.artistescontemporains.org/evenements_artistiques/anahita-masoudi/

http://www.imgrum.net/user/ddessinparis/1172713506

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Jeu de mains

Sans titre – Peinture à l’huile – 220×110

Jeu de mains

par Itzhak Goldberg

« Quoi des mains ? Nous requérons, nous promettons, appelons, congédions, menaçons, prions, supplions, nions, refusons, interrogeons, admirons, nombrons, confessons, repentons, craignons, doutons, instruisons, commandons, incitons, encourageons, jurons, témoignons, accusons, condamnons, absolvons, injurions, méprisons, défions, dépitons, flattons, applaudissons, bénissons, humilions, moquons, réconcilions, recommandons, exaltons, festoyons, réjouissons, complaignons, attristons, déconfortons, désespérons, étonnons, écrivons, taisons, et quoi non ? »  Montaigne, Essais II, 12.

Les mains, ces outils de la création artistique, animent les œuvres d’Anahita Masoudi. L’effet
est d’autant plus saisissant que, dans le passé, les gestes des mains, parfaitement codifiés,
participaient docilement au message que proposait le sujet représenté. Neutralisées dans des
postures conventionnelles, les mains n’étaient qu’une simple extension du corps.
Pourtant, elles avaient leur rôle à jouer. Certes, au moindre titre que le visage, indiscutablement
en charge de toute forme de communication avec autrui, de tout message psychologique. Il n’en
reste pas moins que les mains, ces instruments d’information et d’exécution, possédaient une
signification particulière qui leur permettait de jouer un rôle « signalétique » ou expressif, selon
leurs postures. Ainsi, dans la Vocation de saint Marc de Caravage, au visage du Christ, situé
dans l’obscurité, se substituait la main qui pointait clairement son disciple. Ailleurs, les gestes
variés de la Vierge pendant l’Annonciation trahissaient différentes réactions psychologiques
que lui attribuaient les peintres.
Chez Masoudi, les mains, détachées, rompent le « couple cerveau-main » qui préside aux
relations de l’homme avec le milieu environnant. Elles échappent ainsi au contrôle de leur
«propriétaire» et deviennent le point focal de la toile qui attire toute l’attention du spectateur. Ces
accessoires du corps, les voici tous transformés en «actants» plastiques, éléments de même
rang sur la scène de la peinture. Autonomes, les mains forment un langage gestuel, déroutant,
parfois incompréhensible. Mais plutôt que d’un langage, c’est de systèmes de signes inventés
par l’artiste, dont elle seule connaît le sens, qu’il faut parler. Ou encore, un langage quand
même, mais celui qui n’a pas besoin de mots, autrement dit celui des sourds-muets.
Dans un travail récent de l’artiste, les mains sont dispersées sur toute la surface de la toile de
format horizontal. Flottant sur un fond noir, elles semblent surgir de nulle part. Les différents
gestes qu’elles exécutent forment une chorégraphie étrange, inspirée par les ombres chinoises.
Œuvre d’un prestidigitateur ? Sans doute, si l’on croit à la magie de la peinture.

Jeu de mains Texte par Itzhak Goldberg

« Quoi des mains ? Nous requérons, nous promettons, appelons, congédions, menaçons, prions, supplions, nions, refusons, interrogeons, admirons, nombrons, confessons,

repentons, craignons, doutons, instruisons, commandons, incitons, encourageons, jurons,
témoignons, accusons, condamnons, absolvons, injurions, méprisons, défions, dépitons,
flattons, applaudissons, bénissons, humilions, moquons, réconcilions, recommandons, exaltons,
festoyons, réjouissons, complaignons, attristons, déconfortons, désespérons, étonnons,
écrivons, taisons, et quoi non ? »(Montaigne, Essais II, 12).
Les mains, ces outils de la création artistique, animent les œuvres d’Anahita Masoudi. L’effet
est d’autant plus saisissant que, dans le passé, les gestes des mains, parfaitement codifiés,
participaient docilement au message que proposait le sujet représenté. Neutralisées dans des
postures conventionnelles, les mains n’étaient qu’une simple extension du corps.
Pourtant, elles avaient leur rôle à jouer. Certes, au moindre titre que le visage, indiscutablement
en charge de toute forme de communication avec autrui, de tout message psychologique. Il n’en
reste pas moins que les mains, ces instruments d’information et d’exécution, possédaient une
signification particulière qui leur permettait de jouer un rôle « signalétique » ou expressif, selon
leurs postures. Ainsi, dans la Vocation de saint Marc de Caravage, au visage du Christ, situé
dans l’obscurité, se substituait la main qui pointait clairement son disciple. Ailleurs, les gestes
variés de la Vierge pendant l’Annonciation trahissaient différentes réactions psychologiques
que lui attribuaient les peintres.
Chez Masoudi, les mains, détachées, rompent le « couple cerveau-main » qui préside aux
relations de l’homme avec le milieu environnant. Elles échappent ainsi au contrôle de leur
«propriétaire» et deviennent le point focal de la toile qui attire toute l’attention du spectateur. Ces
accessoires du corps, les voici tous transformés en «actants» plastiques, éléments de même
rang sur la scène de la peinture. Autonomes, les mains forment un langage gestuel, déroutant,
parfois incompréhensible. Mais plutôt que d’un langage, c’est de systèmes de signes inventés
par l’artiste, dont elle seule connaît le sens, qu’il faut parler. Ou encore, un langage quand
même, mais celui qui n’a pas besoin de mots, autrement dit celui des sourds-muets.
Dans un travail récent de l’artiste, les mains sont dispersées sur toute la surface de la toile de
format horizontal. Flottant sur un fond noir, elles semblent surgir de nulle part. Les différents
gestes qu’elles exécutent forment une chorégraphie étrange, inspirée par les ombres chinoises.
Œuvre d’un prestidigitateur ? Sans doute, si l’on croit à la magie de la peinture

DDessin 16 Solo Show

L’intimité au creux des mains

L’intimité au creux des mains

 

par Laetitia Lormeau Vespirini

Anahita Masoudi revient, à compter du mercredi 28 septembre, à la galerie Univer*.

Après DDessin en avril 2016, Anahita Masoudi expose, cette fois-ci, sa peinture. Peinture à l’huile sur des toiles clouées au mur, des moyens jusqu’au très grands formats, le thème des mains s’y décline en différents plans.

Au-delà du cadre

L’une des spécificités de l’art d’Anahita, c’est d’être toujours au-delà.

Au-delà du cadre, d’abord. Grâce à cette absence de châssis, le tableau se continue, se meut, demeure toujours en mouvement et en devenir. L’œuvre vivant dans cet entre-deux-deux où l’artiste a suspendu sa main, son geste créateur, et où le spectateur continue cette création par son regard. Cette incessante naissance et renaissance, cet aller-retour entre la main de celui qui crée, donne et l’œil de celui qui re-garde et reçoit. D’aucuns parleraient de moment suspendu, d’état de grâce. L’art est religion, au sens étymologique de ce qui relie, de ce qui unit. L’art unit vers le sel, vers l’esprit de la matière. L’art est universel ; la main de l’artiste son moyen d’être au monde, de naître à la matière. Cette main, premier outil de l’homme, du peintre, est cette extension toujours en action de la création. Etat d’apesanteur où l’œuvre advient dans un espace où éclot l’esprit de la matière.

Cette matière picturale qu’Anahita Masoudi traque et dont elle travaille l’épaisseur, l’intimité. Les traces du pinceau n’y sont pas lissés mais apparaissent constitutives de cette forme que l’œil dévêt et qui ne se dérobe pas. Le style de facture figurative classique ne fait que renforcer un sujet qui s’affiche parfois dans toute sa crudité et sa transgression.

Des mains tenant

Des mains tenant, tenant quoi ? Tenant une histoire, ou plutôt des histoires au-delà du thème. Le thème de la main associé à celui de la création a traversé toute l’histoire de l’art, on pourrait dire, sans extrapolation, que c’est l’un des thèmes artistiques classiques par excellence.

Peintre érudit, Anahita joue, comme elle l’avait fait lors de sa précédente exposition de dessins, avec les références et les codes de l’histoire de l’art. Courbet et « L’Origine du monde », ce lieu de création, de souffrance et de plaisir tout à la fois. Léonard et « La Cène », moment du dernier repas, de la dernière communion du Christ et de ses apôtres, moment où le corps, autre thème de prédilection de l’artiste, se dissout et devient un ailleurs, peut-être ce Verbe ou cette Courbe suspendue au-dessus du point. Mise en abyme de l’histoire dans l’histoire. Comme un défi, Anahita mêle ces deux thèmes en les enchevêtrant dans un tableau à tiroirs, « Le Rocher du Golgotha », dont on ne révèlera ici ni la clef ni l’origine…

Laissons au visiteur le plaisir de se perdre sur les chemins sinueux de cette artiste, dont le talent s’avère une fois de plus aussi évident que son univers demeure énigmatique.

Laetitia Lormeau Vespérini

*Anahita Masoudi, exposition de peintures à la Galerie Univer du 28 septembre au 15 octobre 2016 prolongation jusqu’au 26 octobre.

Vernissage mercredi 28 septembre à partir de 18 h 30 en présence de l’artiste.

Galerie Univer, 6 cité de l’Ameublement 75011 Paris (ouvert du mercredi au samedi de 14 à 19 heures).